L’autre effet Trump

Y a-t-il un effet Trump ?

Globalement, nous sommes tous surpris par ce nouveau Président des Etats Unis: Donald Trump. Qu’on partage ou pas ses axes politiques, on ne peut qu’être étonné de cette forme de simplicité excessive avec laquelle ce nouveau Président s’exprime. Et voilà que cette simplicité excessive se traduit en décret-loi. Nous nous étonnons encore plus avec cette impression de brutalité qui nous choque.

Mais au fond, qu’est-ce qui nous choque ? Certes, encore une fois, on peut ne pas partager la promesse électorale ; on peut ne pas adhérer au fond des derniers décrets américains. Mais ce qui choque le plus de manière unanime est probablement cette forme brutale. D’abord, tout va très vite. Ensuite, la mise en scène devant les médias de la signature signifie la simplicité du « je fais ce que je dis ». Enfin, les effets collatéraux (procédure judiciaire aussi bien que les problèmes individuels dans les aéroports du monde entier) sont minimisés.

Arrêtons-nous un instant en faisant abstraction du fond des décisions. Réfléchissons. Et si c’étaient nous qui ne comprenions plus l’essence-même de l’efficacité ? Et si c’étaient nous qui étions devenus incapables de choix parce que choisir, c’est assumer des oppositions ? Et si c’étaient nous qui avions perdu le courage et l’envie de faire plus simple et plus vite ? Jetons un œil à l’intérieur de l’entreprise. Combien de réunions sont aussi lassantes qu’inutiles parce qu’il faut s’imposer des débats entre individus pas nécessairement légitimes sur le sujet traité. La gestion des grands projets consacre bien souvent trop d’énergies à la gestion administrative du projet alors que l’énergie consacrée à la direction du projet elle-même est insuffisante pour arbitrer, décider donc se priver. On ne fait guère de différence entre le « must have » et le « nice to have », ce qui signifie qu’on confond de plus en plus l’intéressant avec l’utile.

Et nous, consultants, on invente des méthodes pour pallier un manque d’adhésion à un projet, pour réconcilier des études contradictoires ou pour déresponsabiliser la décision ; pire encore, pour ne pas dire la non qualité des travaux menés par les uns et les autres. Notre rôle ne serait-il pas plutôt de réaffirmer la bonne conduite d’une étude ou d’un projet ? Donc de réaffirmer qu’un travail est bien ou mal fait, qu’une équipe est légitime ou pas, que l’urgence d’une décision est réelle ou non. Pour plus d’efficacité, réhabilitons le conseil qu’on prête à nos cabinets.

Notre rôle est alors de faire plus vite et plus simple. Il est aussi (et là, on s’écarte peut-être de l’effet Trump) toujours nécessaire de prendre en charge les conséquences diverses des choix qui sont retenus.