Akeance Consulting, cabinet de conseil indépendant

BFM Business reçoit cette semaine dans L’Hebdo des PME Michel Mondet, Président d’Akeance Consulting, cabinet de conseil indépendant.


Fanny Berthon : Merci d’être présent sur l’hebdo des PME, alors vous, vous êtes le président d’AKEANCE CONSULTING, un cabinet de conseil d’une soixantaine de consultants. Le marché du conseil se porte plutôt bien. Il y a de nombreux cabinets et des consultants indépendants, on a une croissance de 8,5% en 2016 et 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Donc ça se porte très bien. Comment vous vous différenciez sur ce marché ?

Michel Mondet : D’abord, on se différencie un petit peu parce qu’on fait un peu plus que la croissance du marché. Ça c’est une bonne nouvelle pour nous, si vous voulez, on sent bien que les entreprises ont une capacité à réagir et à décider beaucoup plus vite qu’il y a quelques mois.

Ce qui nous différencie par ailleurs, c’est tous les sujets qui sont liés à notre gouvernance. On a une gouvernance très originale, dans le sens où on veut s’abstraire absolument des règles de gouvernance, des corpus de règles habituelles. Concrètement, nous n’avons pas de grades, nous n’avons pas d’objectifs, nous n’avons pas de business unit et on essaye de concentrer complètement l’animation des équipes par le retour à l’individu, le respect de l’individu et la responsabilisation de l’individu.

Fanny Berthon : D’accord, et quelle est dans ce cas, au cœur de votre gouvernance, votre stratégie managériale ?

Michel Mondet : Et bien, c’est de faire passer un message d’entreprenariat qui passe par cette responsabilisation de l’individu. Il faut que chacun, qu’on soit jeune consultant, qu’on soit dans les services administratifs supports ou qu’on soit associé, qu’on ait tous le même partage de la volonté de faire ces missions au mieux et ça passe par des bonus qui sont partagés entre toutes les équipes y compris du reste par les équipes des fonctions supports y compris la femme de ménage.

Fanny Berthon : Y compris la femme de ménage, c’est bien. C’est bien de le dire, c’est vraiment toute l’équipe au sein de votre cabinet dans votre stratégie. Et comment vous attirez vos talents et surtout comment les retenez-vous ?

Michel Mondet : Les attirer, c’est quelque chose qui peut faire un tout petit peu peur. Si vous voulez expliquer qu’on n’a pas de grade, qu’on n’a pas de référentiel, qu’on n’a pas d’objectifs, qu’on ne sait pas comment on calcule les bonus, finalement, ça peut faire un peu peur. Cela étant dit, c’est précisément là que se fait une forme de sélection naturelle, c’est ceux qui ont envie de cet esprit d’entreprendre au sein d’une entreprise, si j’ose dire, qui fait qu’on attire, on fascine un petit peu par ce type de managérial si vous voulez. Après les retenir, c’est le « connais-toi toi-même » de Socrate si vous voulez. Chaque consultant grandit en se connaissant de mieux en mieux et en étant de plus en plus, non pas performant au sens habituel, mais de plus en plus épanoui dans l’exercice de son métier.

Fanny Berthon : D’accord. Et quels sont les grands enjeux de votre cabinet en 2019 ?

Michel Mondet : Ah, la croissance, c’est la réponse triviale. Effectivement, on est sur une pente de croissance, donc le recrutement, donc évidemment la formation etc. Moi trivialement l’enjeu, c’est la transmission. C’est de transmettre en permanence sur toutes les missions avec un management très rapproché, avec des fréquences de rencontre, avec les équipes, hebdomadaire si vous voulez, pour faire en sorte que cet esprit managérial, cette gouvernance un peu originale, se transmette sur les plus jeunes et que les plus jeunes plus tard pourront à nouveau transmettre.

Fanny Berthon : Et quels sont vos grands projets, vos grandes ambitions ?

Michel Mondet : Grandes ambitions, elles sont un peu de taille. Elles sont de couvrir un peu plus l’Europe évidemment, des réponses un peu triviales. Mais la grande ambition, c’est devoir aussi faire naître mes propres successeurs parce que dans dix ans, si vous voulez, quelqu’un d’autre transmettra mes propres valeurs.

Fanny Berthon : Alors vous parlez de management un peu différenciant. Comment va-t-il évoluer ce management au sein de votre cabinet de conseil ? Avez-vous des projets précis de gouvernance d’entreprise ?

Michel Mondet : Oui, il y en a un qui est assez naturel dans un cabinet de conseil mais qui est un peu original chez nous, c’est l’association. L’association, le fait d’acquérir une action, si vous voulez, comme on dit dans ce type de cabinet, c’est moins un vecteur financier parce qu’il n’y aura pas de plus-values et il n’y aura pas de dividende, que, un signe de confiance et un signe d’appartenance au partage de valeurs sur le management des années futures. Donc l’association est naturellement un signe qui va être donné à ceux qui partagent ce type de fonctionnement, ce type de management et qui feront perdurer le cabinet.

Fanny Berthon : Et si on devait résumer en quelques mots l’esprit d’Akeance Consulting, qu’est-ce que ce serait ?

Michel Mondet : Je dirai : pas de règles. Absolument pas de règles.

Fanny Berthon : C’est pas mal de venir dans un cabinet où il n’y a pas de règles, on ne fixe pas les choses et on évolue en fonction de la croissance.

Michel Mondet : Et retrouver la responsabilité individuelle, retrouver la morale, pas au sens sulpicien, mais au sens où retrouver la transparence, l’honnêteté intellectuelle, l’équité, qui s’appelle en général du bon sens plutôt qu’un corpus de règles de gouvernance.

Fanny Berthon : C’est pas mal, le bon sens, moi j’aime bien cette formulation. Et avez-vous de bons retours de la part de vos consultants ? Qu’est-ce qu’ils disent de cette stratégie managériale lorsqu’ils travaillent chez vous ?

Michel Mondet : Je vais vous dire que j’ai du bon retour, je vais vous dire qu’ils partagent tout ça évidemment. Je ne vais pas vous dire que c’est mauvais. Ce que je peux vous dire tout de même, c’est que ça peut dérouter un petit peu. Effectivement, quand on est plus jeunes, voir que sur certaines missions on se retrouve très exécutant, sur d’autres on se retrouve encadrant et qu’on ne sait pas très bien si on est ou manager ou consultant, ça peut dérouter un petit peu. Donc il faut beaucoup accompagner les équipes, c’est pour ça qu’on a régulièrement et toutes les semaines, une très grande fréquence, encore une fois, de management rapproché sur toutes les missions avec toutes les équipes pour éviter les peurs, les craintes, voir les dérives le cas échéant.

Fanny Berthon : Et vous recrutez plutôt des jeunes talents ou vous recrutez des consultants de tous âges ?

Michel Mondet : On recrute des jeunes talents parce que c’est le devoir citoyen d’embaucher des débutants. Bien sûr, on a tous été débutants, on a tous été content qu’une entreprise nous fasse confiance. Evidemment, les jeunes, il faut pouvoir les encadrer de près, les manager de près, donc il faut aussi recruter des gens expérimentés qui viennent du secteur corporate traditionnel ou qui viennent du monde du consulting.

Fanny Berthon : Merci beaucoup Michel Mondet.

Michel Mondet : Merci Fanny.