Les fonds d’investissement

Les fonds d’investissement ont-ils une conscience

Bonjour Michel Mondet,

Bonjour,

Vous êtes président d’Akeance Consulting et on va parler des fonds d’investissement, sujet important aujourd’hui. Il faut dire qu’ils ont particulièrement mauvaise presse, on les accuse d’être responsable de la crise de 2008 et d’avoir participé à la financiarisation à l’extrême de l’économie et puis aujourd’hui il y a ce contexte de taux bas qui les oblige à prendre toujours plus de risques pour aller chercher du rendement, si bien que, on a peur que, une catastrophe se produise à nouveau. Alors, comme vous qui connaissez bien les fonds d’investissement est-ce que cette mauvaise image est justifiée ?

Oui partiellement, on a des tas d’exemples en tête sur le comportement de certains fonds d’investissement qui effectivement ont eu des préoccupations strictement financière, mais le sujet il n’est pas que là ! Regardez quand même en France là, y a une vraie émergence très très forte de toutes ces start-ups une vraie préoccupation d’entrepreneuriat chez les plus jeunes, y a donc évidemment besoin de financement. Une fois que ces pépites sont devenues à l’âge près adulte, finalement il y a besoin de les refinancer de les céder etc., si vous voulez. Vous avez tous les plans de redressement qui sont faits dans des entreprises en difficulté qu’il faut aider et sur lesquels il faut évidemment apporter un certain nombre de quantité de financements pour remettre la boîte sur les bons rails, bien !  Très souvent, la plupart du temps, c’est quand même des fonds d’investissement. Au-devant vous avez BPI (Banque Public d’Investissement) en France qui est lui-même public, mais qui est un fonds d’investissement donc d’où vient ce financement c’est quand même les fonds d’investissement malgré, au fond, une certaine image un peu excessive.

Mais alors, comment est-ce que l’on fait pour réconcilier ces exigences de financements et ces exigences de rentabilités, autrement dit comment on sort de ce paradoxe ?

Thibault, il n’y a pas forcément très gros paradoxe, il y a évidemment des cas que j’ai en tête, il y a des cas qui ne sont pas très beaux, vous savez vouloir du 30% de TRI (Taux de Rentabilité Interne) c’est beaucoup; soit on a de la chance, soit c’est excessif et si on veut vraiment 30% de TRI ça ne se fera pas sans casse sociale et ça ne fera évidemment pas sans une rentabilité qui est excessive dans l’instant et qui sera forcément au détriment de demain.

Mais alors si vous le permettez, pour pousser le raisonnement jusqu’au bout, les fonds ils ne sont pas là pour faire du social, ils vont vous dire : mais oui, mais moi il faut quand même que j’aille chercher de la rentabilité, c’est ce  qu’on me demande ?

Oui, c’est vrai, c’est vrai, mais si vous voulez, si le but d’un fond c’est de faire un lease-back sur une usine, récupérer l’argent, ne plus investir un centime dans l’affaire, évidemment ce ne sera pas très noble à la sortie, mais on a fait un beau tearing. En revanche y a des tas de sujets, regardez, qui sont autour de nous, qui sont l’agriculture, mieux maîtriser, qui sont le durables, qui sont le développement des nouveaux médicaments ou au-delà des médicaments de tout ce qui va être dans le para médicaments, les alicaments, vous avez des tas de sujets, ou dans les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) plus traditionnellement, il y a des tas de sujets qui nécessite de mettre de l’argent pour avoir très raisonnablement une rentabilité prévue à moyen et long terme. Regardez les courbes, les courbes de taux, elles sont naturellement, en général, plus élevées, les taux sont plus élevés à long terme qu’à court terme. Il faut revenir dans une économie de conscience de base, où on se dit à court terme c’est fortement moins rentable qu’à long terme et on a en ce moment dans le marché économique et les investissements sur les start-ups sur les fonds on a cette situation où ce sera nécessairement plus rentable à long terme qu’à court terme. C’est au fond à avoir cette conscience de la rentabilité, ces fonctions du temps, ce n’est pas tout tout de suite !

Est-ce qu’il faut en déduire que les règles du jeu ne sont pas assez claires et qu’il y a un manquement du côté des pouvoirs publics ?

Oh vous savez, les pouvoirs publics participent déjà à travers la BPI, c’est une bonne idée, c’est un bon exemple. Mais le pouvoir du pouvoirs publics à travers le réglementaire, c’est que je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. Depuis 2008, si voulez, on a une inflation de réglementaire dans le monde financier en général, qui est très forte. Est-ce-que c’est la bonne solution ? Peut-être, on verra à terme, je n’en suis pas convaincu. Ce que je pense plutôt, c’est que le réglementaire est venu pour pallier le manque de conscience de certains comportements financiers et notamment de fond, mais il est même temps la cause de ces comportements-là. C’est-à-dire que dis simplement, le réglementaire il créer la bonne conscience, vous êtes dans le règlement vous avez donc raison, mais la bonne conscience ça tue la conscience et aux fonds d’investissement, comme à d’autres acteurs financiers, je pense qu’il est nécessaire de retrouver la conscience tout court. La bonne conscience n’est pas la conscience !

Merci beaucoup Michel Mondet et cette inflation réglementaire on va en reparler très bientôt. Merci encore.

Merci à vous !

 

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