La conscience comme atout dans la mondialisation

Développer la conscience et la confiance plutôt que la réglementation

Bonjour Michel Mondet,

Bonjour,

Vous êtes président d’Akeance Consulting et dans votre précédente interview vous avez évoqué, vous avez commencé à évoquer, l’inflation réglementaire dans la finance, mais il faut bien constater que cette inflation réglementaire elle prend de l’ampleur dans de plus en plus de domaines de la déontologie professionnelle jusqu’au commerce mondial, alors vous nous disiez que c’était lié à un recul de la conscience des acteurs économiques. Qu’est-ce qu’elle vous inspire plus largement cette inflation réglementaire ?

Oui, le réglementaire fait reculer la notion de conscience, la conscience c’est un peu la liberté de chacun de savoir ce qu’il a à faire ou pas à faire au regarde d’une forme de bien de mal. Vous savez, il y a quelque chose qui me marque beaucoup dans la notion de conscience, qui renvoie à la notion de confiance, les deux mots sont un peu similaires, c’est le marché des diamants. À Anvers, vous savez, le marché des diamants il y a pas de contrat y a de la parole donnée et personne ne triche au jeu. C’est pire que ça, à la De Beers sur les pépites de diamant on les échanges à Londres sans nécessairement que les acheteurs aient vu la pièce. On leur propose une pièce à un prix et l’autre l’accepte, si vous voulez, est-ce qu’il y a un secteur économique où on peut avoir une telle confiance parce que chacun a une conscience de ce qu’il fait vis-à-vis de l’autre, vous voyez, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’autres exemples.

Mais si vous le permettez, est-ce que ce n’est pas un peu naïf de sans remettre à cette confiance, on est aujourd’hui dans une économie mondialisée, une concurrence débridée ?

Non, ce n’est pas naïf, si vous voulez, effectivement il ne faut pas confondre la confiance à la naïveté, il ne faut pas confondre la conscience qui doit nous guider chacun avec une forme de naïveté et de ce côté un peu bêta sous les choses, bien sûr que non ! Mais regardez, je vais vous donner deux exemples, un exemple un peu macro-économique et puis un exemple un peu plus précis. En macro-économie, si vous voulez, il y a des tas de réglementations, d’autorisations de vente des boîtes vis-à-vis de la concurrence, vis-à-vis de la technicité d’un pays ou d’un autre, tous les grands pays font ça évidemment ! Mais regardez, finalement si on simplifie nos start-up en France, on a quoi ? On a un système éducatif excellent qui fait naître des jeunes qui ont du talent, ses talents développent des start-up, ces start-up finalement ont un peu de mal parfois à trouver leur financement, elles vont très vite trouvées leur financement aux États-Unis, les caisses des États-Unis vont, avec talent d’ailleurs, faire faire produire l’économique de cette pépite et au final on trouvera un Chinois qui rachète cette entreprise à des vocations technologiques. Donc on se retrouve dans un schéma où la seule conscience, parce qu’on ne peut pas encadrer tout ça, c’est la seule conscience, qu’on a eu raison ou tort d’avoir un système éducatif français qui marche bien pour faire émerger des créateurs d’entreprises, des Américains qui savent faire fructifier tout ça et des Chinois qui récupèrent la technologie. Il y a que la conscience qui réglera le problème, je ne suis pas sûr que l’on passera par du réglementaire.

Et le deuxième exemple ?

Prenez un autre exemple en entreprise, regardez tous les sujets de RSE, c’est très joli on prend plus l’avion tous les jours, etc., etc.,  vous connaissez tout ça, ça passe, ça s’écrit dans des chartes. Vous avez des milliers de lignes qui sont écrites, mais au fond la réalité d’exercice de ses engagements RSE sa passe beaucoup par la conscience de chacun, si vous voulez, et là pour le coup dans une entreprise vous n’avez pas d’autre choix, pour faire un petit jeu de mots, que d’être obligé quand vous êtes dirigeant de faire confiance à la conscience de chacun, voyez-vous.

Mais alors, on fait quoi ?

Ah écoutez, déjà on évite de faire du réglementaire sur le réglementaire. Je pense que les encadrements, les contraintes tout ça, il y a du talent dans tout ça, mais il y a forme de course à l’échalote, si vous voulez on n’aura jamais assez contraint, assez encadré, assez réglementé, vous aurez toujours des gens qui mettaient leur argent en Suisse, qui le mettent aujourd’hui à Macao, qui le mettront je ne sais pas où demain, donc on évitera jamais ça ! Le sujet c’est de refaire confiance à l’individu en le responsabilisant, il faut réveiller la conscience de chacun au bon sens du terme, si vous voulez chacun a une morale, une moralité, il faut qu’elle émerge au sens de la prise de conscience de soi comme acteur dans une entreprise. On est acculé à oser la responsabilisation de l’individu en entreprise.

Mais vous pensez vraiment que cette conscience de la responsabilité c’est ce qui va faire évoluer le monde ?

Oui Thibault, je crois à la responsabilisation de chacun et je crois à l’effet papillon. Ça ne fera peut-être pas tout, mais je crois à cet effet papillon. Si chacun en entreprise, si chacun dans ces pays développés auquel on appartient, on a une certaine conscience des risques écologiques, on a une certaine conscience de l’impureté financière de la corruption, si on a une certaine conscience de pouvoir agir à son propre niveau sans se prendre pour son voisin, je pense que l’effet papillon peut marcher et qu’effectivement tous ensemble, parce qu’on est conscient de nos propres responsabilités individuelles, on aura une responsabilisation collégiale de l’entreprise.

Bien on finit sur un message d’espoir, merci beaucoup Michel Mondet.

Merci Thibault.


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