Faut-il croire au BIM ?

BIMCertains n’y ont vu qu’un gadget. Nous pouvons constater aujourd’hui qu’il n’en est rien. Le BIM est un nouveau terrain de jeu que les acteurs de la chaîne de valeur immobilière ont d’ores et déjà commencé à s’approprier.

Le BIM (Building information modeling) désigne un outil numérique comprenant à la fois une représentation graphique du bâtiment (en 3 dimensions) et une base de données associée. Cette base de données contient notamment l’ensemble des composants et des équipements techniques du bâtiment. À chaque élément ou composant sont associées des caractéristiques : sa marque, le modèle, sa taille, sa durée de vie moyenne, ses caractéristiques thermiques / énergétiques… Ainsi, chaque pièce du puzzle est décrite et son emplacement est identifié.

Mais pour comprendre la portée du BIM, il faut dépasser cette définition et s’intéresser à la manière dont cette maquette numérique peut aider l’immobilier. Le BIM constitue en effet un socle sur lequel les entreprises du secteur vont pouvoir bâtir leurs processus immobiliers pour gagner en productivité, en sécurité et en efficacité. Dit avec un peu d’emphase, à l’instar d’iOS ou d’Android, il faut comparer le BIM à une plateforme de développement qui prendra tout son sens grâce aux applications qui pourront être créées sur cette base.

La maquette n’est donc pas une fin en soi et certains acteurs de l’immobilier l’ont bien compris. Quelques exemples permettent d’illustrer le fait que le BIM ne se cantonnera pas à la phase de conception.

  • Suivi opérationnel du chantier : FINALCAD se présente comme l’interface terrain du BIM, permettant d’extraire les informations utiles au chantier et de remonter les observations des opérationnels pour enrichir la maquette numérique. Cette utilisation mobile et sur le terrain de la maquette numérique permet d’éviter les doubles saisies et d’enrichir la maquette de données terrain. FINALCAD greffe ensuite des applications analytiques dans le Cloud. L’idée est de créer une mémoire de l’ouvrage pour proposer des analyses prédictives aux entreprises du bâtiment. Il s’agit par exemple de déceler les défauts récurrents revenant de projet en projet pour les gommer, ou de déceler ceux apparaissant à chaque étage lors de la construction d’une tour, afin de les anticiper et d’améliorer la productivité du chantier à mesure que le bâtiment se construit.
  • Contrôles techniques : Bureau Veritas, Setec Bâtiment, Agence Coste Architectures et Bouygues Construction ont mis en place un partenariat pour permettre aux contrôleurs techniques et aux coordonnateurs SPS de fournir leurs avis sur les ouvrages directement dans le modèle numérique. Et aux maîtres d’œuvre d’émettre leurs visas sur l’ouvrage, eux aussi directement dans ce même modèle numérique.
  • Gestion technique en phase d’exploitation : il y a moins d’un an, Sopra, leader en France des éditeurs de solutions informatiques de gestion immobilière, rachetait Active3D qui a développé plusieurs solutions s’appuyant sur le BIM pour optimiser l’exploitation. Auparavant, Planon, éditeur incontournable en Europe sur le marché des solutions de gestion intégrée de l’environnement de travail, a intégré le BIM dans le cadre d’un partenariat avec Autodesk Revit. Ces initiatives des éditeurs répondent à un vrai besoin : de nombreux bailleurs sociaux font le choix de s’appuyer sur le BIM pour mieux gérer leur parc. C’est le cas par exemple d’ICF Habitat.

Ces 3 exemples le montrent, le BIM acquiert peu à peu une place centrale au sein des processus immobiliers, obligeant ainsi les entreprises du secteur à repenser leur manière de travailler.

En outre, la continuité de l’information de la conception jusqu’à l’exploitation pourrait bien ne pas être la principale finalité. On peut en effet espérer que la capitalisation des données tout au long du cycle de vie d’un bâtiment pourra, à terme, enrichir les nouveaux projets.